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Syd Barrett - Un génie, un artiste, un diamant brut

Photos de Syd par Alain Sister (1967)


Il y a presque un an, j'écrivais un court article dédié à Syd Barrett dans lequel je tachais d'exprimer mon admiration pour cet artiste, ce génie qu'il fut jusqu'à sa mort et mon attachement pour son art et les quelques morceaux qu'il a laissé derrière lui qui sont pour moi, de véritables chefs d'oeuvre. Aujourd'hui, j'ai eu envie de lui consacrer un nouvel article, plus complet cette fois-ci. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis en mesure de décrire la personne qu'il était ou de partager une analyse sur la vie qu'il vécut et je ne le ferai pas. Pour lire la suite de ce post, je vous conseille fortement d'allumer votre platine et de glisser votre vinyle de The Piper at The Gates of Dawn. Si vous ne l'avez pas, vous pouvez également l'écouter en cliquant-ici.  
Il avait soixante ans lorsque Syd nous quitta en ce fatidique 7 Juillet 2006. C'était il y a un peu plus de huit ans et pourtant, il ne se passe pas un jour sans que j'écoute l'un de ses morceaux. L'impact qu'a eu Syd sur l'histoire de la musique n'est pas mesurable tant il est considérable. C'est indéniable, il fut l'un des plus grands musiciens anglais, un visionnaire, un génie qui n'hésita pas à pousser les limites connues pour atteindre un univers psychédélique complètement unique duquel découleront des morceaux qui ne pourront qu'atteindre votre âme jusqu'à ses plus sombres tréfonds.  David Bowie déclara peu de temps après son décès, au magazine NME : "Je ne peux pas vous dire à quel point je me sens triste. Syd fut une inspiration majeure pour moi. Je l'ai vu à plusieurs reprises alors qu'il jouait à Londres à l'UFO et et dans des clubs du Marquee dans les années 60 resteront toujours gravés dans mon esprit. Il était tellement charismatique et et un compositeur étonnamment original. Notamment avec Anhony Newley, il fut le premier gars que j'ai entendu chanter de la pop ou du rock avec un accent anglait. Son impact sur ma manière de penser fut énorme. Mon plus grand regret fut ne l'avoir jamais connu. Un Diamant, indéniablement."  
Un Diamant brut. Voilà clairement ce que fut Syd. Ils sont rares ceux qui comme lui peuvent se vanter d'avoir réussi à marquer son temps avec une poignée de chansons. Pourtant à sa mort, il n'était connu que sous le  nom de Roger Keith Barrett - il n'utilisait plus le pseudonyme de Syd, un habitant de la banlieue de Cambridge passionné de peinture et vivant une vie ordinaire, seul dans sa maison, fuyant tout contact avec le monde extérieur.  
Syd Barrett photographié en 1969 par Mick Rock
Pink FloydAussi surprenant que cela puisse paraître, je suis parfois surprise de constater que de nombreux fans du groupe Pink Floyd ignorent souvent l'histoire du groupe et en particulier, sa genèse. Quand je parle de la genèse du groupe, je fais évidemment référence à Syd. En 1965, alors qu'il est un jeune étudiant en art, le jeune Barrett rejoint Roger Waters, Richard Wright et Nick Mason qui formaient un groupe appelé Tea Set. Le nom n'est pas accrocheur alors Syd, propose celui que l'on connait aujourd'hui "The Pink Floyd". Etant un grand fan de Blues, il lui vient l'idée de juxtaposer les noms de deux de ses artistes préférés à savoir Pink Anderson et Floyd Council. Ensembles, ils donnent des concerts dans des clubs de Cambridge et ses alentours avant de partir pour Londres où ils continuent à se produire, notamment dans le fameux UFO Club. Ils sont repérés, signés par la maison de disque EMI et commencent à enregistrer .
Le Groupe dans les Studios d'Abbey Road Studios (1967) 
The Piper at the Gates of DawnEn 1967, dans les studios d'Abbey Road, les Beatles enregistraient l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, pièce maîtresse de leur carrière. A quelques mètres de là, dans le studio d'en face, les Pink Floyd enregistrent The Piper at the Gates of Dawn. Deux albums tintés de psychédélisme prenaient vie à ce moment là. Il est amusant de se dire que deux des meilleurs groupes de notre temps se sont croisés alors qu'ils enregistraient tous les deux, un chef d'oeuvre. 
Alors comment après avoir créer un album aussi magistral presque entièrement écrit par Syd, le groupe a t-il pu le mettre de côté jusqu'à l'exclure définitivement en Avril 1968? C'est difficile à dire. Les théories sont nombreuses. J'ai lu un paquet de bouquins consacrés à Syd, au groupe, des revues de presse, vu des reportages, des documentaires pour essayer de comprendre. On parle essentiellement du fait que Syd prenait beaucoup trop de LSD et que cela engendra pas mal de conséquences sur sa vie, et sur son comportement. Il n'était plus habilité d'après les dires de certains à jouer correctement. Il semblerait qu'il restait sur scène parfois sans jouer une seule note. Je ne vais pas prendre le temps de m'étendre sur ce sujet car je n'étais pas là alors polémiquer n'aurait aucun intérêt mais je persiste encore à me demander comment, un être décrit comme instable et incapable d'aligner deux notes, aurait-il pu nous donner des albums solo aussi extraordinaires après avoir été viré de Pink Floyd?  
Syd dans son appartement, en 1969 - par Mick Rock
The Madcap LaughsCet album est le premier album post-Pink Floyd et le premier des deux albums en solo de Syd. Il a été enregistré entre les mois de Mai et Aout, soit juste après qu'il ait été viré du groupe. Le public s'intéressait toujours à Syd et le label EMI également alors après avoir demandé à Syd, s'il avait des morceaux en réserve pour lancer son propre album, il est parti en studios. Les enregistrements studios furent compliqués pour différentes raisons. Sur les treize titres de l'album, douze furent écrits par Syd - l'autre est tiré d'un poème, Golden Hair de James Joyce. Cet album est magistral, intense, fou, étrange et unique à la fois surtout quand on pense à ce que Syd vivait en parallèle de l'enregistrement. Un petit mot sur la séance photos de Mick Rock dont je suis littéralement fan et qui fut utilisée pour l'album: On y voit Syd, dans son appartement, , dans sa chambre. Il a peint le sol en orange et violet. On y voit une femme nue, en arrière-plan, celle que l'on connait "Iggy The Eskimo", sa copine de l'époque. C'est réellement une très belle série de photos qui dégage à la fois la personnalité psychédélique et artistique de Syd.
Barrett - Second album laissé en héritage par Syd. Malgré que j'ai une préférence pour The Madcap, j'aime tout autant celui-ci. On ressent toujours les ingrédients qui font que l'on apprécie le génie de Syd. Ce que j'aime particulièrement, c'est cette pochette d'album que Syd a dessiné. Malheureusement, à sa sortie, l'album ne sera pas un succès. 
Épuisé, lassé de tout ce succès et la notoriété qui l'accompagne, Syd se retire. Il tire sa révérence et retourne à Cambridge, et s'installe chez sa mère. Il restera là-bas, vivant dans l'anonymat total - bien qu'il soit souvent "traqué" par des fans, ne faisant plus de musique, ne touchant plus sa guitare, renouant avec son premier amour: la peinture. 
"Je ne pense pas être facile à cerner. 
Je ne suis pas quelqu'un de cohérent. 
Et je ne correspond en rien à l'idée que vous vous faites de moi." 
Why Can't you see? - L'Art de Syd restera à jamais vivant dans le cœur de ceux qui continueront à s'intéresser à sa musique et à son talent. Il a influencé tout au long de ces années de nombreux artistes, inspirés un grand nombre de morceaux et fut admiré par tous. L'héritage de Syd reste grand. En 2010, An Introduction to Syd Barrett, une sorte de compilation a été publiée. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'artiste, je vous conseille une seule oeuvre "Barrett. The definitive visual companion to the life of Syd Barrett", un livre de grande qualitée, publiée en 2011. Cet ouvrage a été encadré par la famille de Syd, il contient de nombreux inédits, des photos, des archives...Une mine d'or. On peut le commander sur ce site. Le prix est par contre très élevé, vous le remarquerez mais de temps en temps, ils font un prix spécial. 
J'espère que cet article vous a donné envie de découvrir la musique de Syd si vous ne la connaissiez pas déjà. Il a laissé une empreinte indélébile dans le monde de la musique et je suis persuadée que dans cinquante ou cent ans, le monde continuera à l'écouter et à clamer sa grandeur. 
Syd Barrett Photographié en 1971 par Barrie Wentzell



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